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Isabelle
 

Vie depuis 23 ans avec l'endométriose

Voici mon témoignage, je ne sais pas s'il vous intéressera, car je fais partie de ces rares femmes qui s'en sorte face à cette maladie. ça fais maintenant 23 ans que je vis avec. Et les 4 dernières années ont été très bien pour moi. Il est vrai que de temps en temps des petites douleurs resurgissent, mais elles sont du à un mauvais fonctionnement de mes intestins. Néanmoins je ne peux oublier toutes les années qui ce sont écouler dans la douleurs et l'incompréhension, donc je reste toujours à l'écoute des autres qui continuent de se battre, et je souhaite aussi rester informer au cas où.

Bonjour, je m’appelle Isabelle

J’ai 35 ans. J’ai commencé par deux kystes ovariens côté droit à l’age de 12 ans. Des douleurs dans le bas ventre, avec difficulté pour marcher. Verdict : appendicite. L’opération arrive deux jours après. Conclusion du chirurgien : "j’ai enlevé l’appendice, mais ce n’était pas nécessaire, par contre deux kystes à l’ovaire, où il n’aurait pas fallut attendre plus longtemps.

Les années passent avec beaucoup de galères. Mais il me faudrait écrire un roman. En gros règles douloureuses. C’est normal. Bon. En dehors des règles douloureuses, les intestins s’en mêlent. Je commence à trier la nourriture car je m’aperçois que certains aliments ne passent plus. Les médecins me prennent pour une anorexique. J’en suis à six repas par jours, et pas plus de quatre bouchées à chaque.

Les années passent, un mariage, et première grossesse. Couchée, dès le 3eme mois, le col ouvert et de belles contractions. Je passe sur tous les désagréments. Puis l'année suivante, assez cool. Puis de nouveau, règles abondantes, deux autres kystes. Mais pas d’opérations, ils ne sont pas suffisamment gros, ils vont peut-être disparaître comme ils sont venus. Et toujours pas de nom, sur tout cela.

Je décide d’arrêter de nouveau la pilule, et j’attends presque un an pour être de nouveau enceinte. La galère reprend, dès trois mois, alitée, contractions, le col ouvert, malaises, perte de poids, douleurs etc. Puis enfin l’accouchement (48h), le col ne veut dépasser les 7 cm, ils oublient juste 1/4 du placenta dans mon ventre. Ce qui me vaut un traitement de trois mois pour faire évacuer ce petit "oubli", au lieu de procéder à un curetage.

Bilan, les règles sont anarchiques, les douleurs de plus en plus violentes. Je consulte, c’est toujours dans ma tête. Les semaines passent. Le ras-le-bol avec. Je mets 30 mn pour faire 200m jusqu’à l’école. Je vous passe les nombreuses consultations gynécologiques et généralistes et les examens. Puis, vu mon insistance, le généraliste m’envoie à l’hôpital, pour une coelioscopie.

Verdict : endométriose, mais pas trop de détail, il faut dire que je pensais sortir de l'hôpital définitivement débarrassée de ce mal. Des adhérences un peu de partout, toujours ces fameux kystes, les intestins touchés.

Et le chirurgien :
Bon, il n’a pas pu tout enlever mais un traitement suffira à tout faire rentrer dans l’ordre. J’étais naïve. Deux jours après ma sortie, rebelote, douleurs, règles abondantes, diarrhées. Pas de problème, me dit la gynéco, on commence le traitement, Surgestone + anti-inflammatoire + anti-diarrhée. Les vomissements recommencent, je passe de 7 j de règles à 11 jours de règles. Changement de traitement, Orgamétril, je passe de 11 j de règles à 15 jours de règles. Super. Bien sûr, sang dans les selles, douleurs, perte de poids, diarrhées, etc.

Je fais toute la gamme de traitements étalée sur trois années avec rajout d’hormone complémentaire jusqu’à Lutenyl. La descente aux enfers. Mes intestins ne supportent plus rien, je fais 43 kg pour 1,68m. Mes règles qui n’en sont plus puisque qu’il s’agit de véritables hémorragies, 26j sur un cycle de 28j, ça fait raide. Je ne parlerai pas du côté couple et familial. Ont veut me prescrire des somnifères et anti-dépresseurs, car il semblerait que tout cela se passe dans ma tête.

Puis le généraliste prescrit une autre coelio, je refuse car je ne vois pas l’intérêt. Ils souhaite aussi me passer sous Décapcyl, je dis non une fois de plus. La gynéco quant à elle, me propose une hystérectomie en me précisant tout de même que personne ne voudra me la faire, puis texto au téléphone : "Madame, je ne peux plus rien pour vous, j’ai épuisé tous les traitements possibles, donc ce n’est pas la peine de vous déplacer et de toute façon vous avez sans doute à l’heure actuelle un cancer, au revoir madame".

Que faire ? Et qui consulter ?
J’appelle pour la 1ere fois de ma vie, une personne de ma famille. Elle me trouve un rendez-vous à Lyon chez une gynéco. Elle aussi est effarée que l’on m’ait laissée ainsi, si longtemps. Elle prend le problème à l’envers, met les progestatifs à la corbeille, ainsi que la quinzaine de traitements que je prenais et me prescrit une pilule bien dosée, Stédiril en l’occurrence, et se donne trois jours pas un de plus pour voir mes règles s’arrêter.

Un miracle.
Deux années se sont écoulées avec ce traitement, 7 j de règle, pratiquement pas douleur, mais comme elles sont encore un peu trop abondantes, elle me prescrit un stérilet Mirena. Le paradis. Plus du tout de règle, pas de conséquence comme celle de la ménopause artificielle.

Je continue toujours mon "régime" alimentaire, concocté par mes soins, car je ne pourrai sans doute plus jamais manger comme tout le monde, mes Spasms font tout de même partie de ma vie, je pèse 47 kg, et croyez-moi c’est pas le rêve, mais aujourd’hui tout va bien, je vis bien, la gynéco m’a même assuré que je pouvais prétendre à une nouvelle grossesse, car bonne nouvelle à la dernière échographie, pas de trace de l’endométriose, comme je n’avais plus mes règles depuis deux ans.

Mon cas était-il sans doute moins important que certaines d’entre vous ? Je ne sais pas, mais je sais que j’ai refusé de passer sur "le billard" à deux reprises, ne faites pas de même systématiquement.

Voilà un message d’espoir pour vous. Ne baissez jamais les bras. Je viens malgré tout apporter mon soutien à d’autres femmes, et parce que l’on ne sait pas de quoi est fait le lendemain. Mon traitement a fonctionné pendant des années, mais jusqu'à quand ?

Aujourd'hui je suis dans l'attente d'une nouvelle grossesse, car je n'ai plus mon stérilet, et qui sais, j'aurais peut-être une bonne nouvelle, dans quelque temps. Je sais par contre que je ne resterai pas non plus des mois sans traitements, j'ai déjà la chance d'avoir 2 merveilleuses filles.

Isabelle